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Quels enseignements tirer de l’arrêt du 21 janvier 2026 ?
Acquisition des congés pendant un arrêt maladie non
professionnel :
Depuis la réforme
issue de la loi du 22 avril 2024, un arrêt de travail d’origine non
professionnelle est assimilé à du temps de travail effectif pour l’acquisition
des congés payés, mais dans une limite spécifique.
Le salarié en arrêt
maladie non professionnel acquiert 2 jours ouvrables de congés payés par mois
d’absence, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence.
Cela signifie que,
même si l’arrêt couvre toute l’année de référence, le salarié ne pourra pas
acquérir plus de 24 jours ouvrables au titre de cette période.
Exemple :
Un salarié est en arrêt maladie non professionnel du
1er juin N au 31 mai N+1 (soit 12 mois).
Il acquiert :
12 mois × 2 jours = 24 jours ouvrables.
Il atteint donc le plafond légal de 24 jours.
Attention : Rappel d’indemnité pour les situations
antérieures à la loi du 22 avril 2024 (Loi DADDUE)
Pour les périodes
antérieures à l’entrée en vigueur de la loi 2024-364 du 22 avril 2024 :
- Le salarié ne peut obtenir un
rappel d’indemnité de congé payé au titre d’arrêts maladie non
professionnels
- Que s’il n’avait pas déjà
acquis 24 jours ouvrables de congés payés sur la période de référence
concernée.
La convention collective et le code du travail :
Certaines
conventions collectives prévoient une acquisition de 2,5 jours ouvrables par
mois de travail effectif.
La question posée à
la Cour de cassation était la suivante :
Ce taux de 2,5 jours
doit-il s’appliquer aux périodes d’arrêt maladie non professionnel ?
Dans son arrêt du 21
janvier 2026, la Cour de cassation répond que la règle conventionnelle ne
s’applique que si la convention assimile expressément l’arrêt maladie non
professionnel à du travail effectif pour l’acquisition des congés.
À défaut de
précision conventionnelle, il convient d’appliquer la règle légale spécifique,
soit 2 jours par mois.
Exemple :
Une convention collective prévoit 2,5 jours de congés
par mois de travail effectif, sans mentionner les arrêts maladie.
Un salarié est en arrêt maladie non professionnel
pendant 4 mois.
Dans ce cas :
4 mois × 2 jours = 8 jours ouvrables.
Le salarié ne peut pas revendiquer 4 × 2,5 = 10
jours, sauf si la convention prévoit expressément que les arrêts maladie sont
assimilés à du travail effectif pour l’acquisition à 2,5 jours.
La période de référence :
La Cour de cassation
a également précisé que le plafond de 24 jours s’apprécie par période de
référence.
Il convient de
prendre en compte uniquement les congés acquis au cours de la période
concernée. Les congés reportés d’une période antérieure ne doivent pas être
intégrés dans le calcul du plafond.
Exemple :
Un salarié dispose de :
- 8 jours
reportés de l’année précédente
- 20 jours
acquis pendant la période en cours, dont 6 mois d’arrêt maladie non
professionnel
Même s’il dispose au total de 28 jours (8 + 20), le
plafond de 24 jours s’apprécie uniquement sur les droits acquis pendant la
période en cours.
Les 8 jours reportés n’entrent pas dans le calcul du
plafond.
Voir en pièce jointe (Cass. soc. 21-1-2026 n°
24-22.228 FS-B).
Pour aller plus loin
:
Ces règles
s’inscrivent dans l’évolution du droit français après les décisions de la Cour
de cassation de 2023 et la loi DADDUE du 22 avril 2024, qui ont adapté le droit
français au droit européen concernant l’acquisition des congés payés pendant
les arrêts maladie. La loi du 30 avril
2025 vient clarifier comment appliquer les règles DADDUE.
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le 27 avril 2026, de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h00, intitulée :
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des associations en matière de congés payés et de jours fériés ».
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animée par Maître Louis-Philippe BICHON, avocat conseil en droit social, qui
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règles issues de la Loi DDADUE du 30 avril 2025.
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